Quand une passion devient plus forte que la « sécurité » du salariat

Après plusieurs mois de réflexion, une évidence commençait à s’imposer à moi.

Je ne pouvais plus simplement considérer la pâtisserie comme une passion à côté de mon travail. L’envie d’aller plus loin était devenue plus forte.

J’aimais mon métier. J’avais un bon salaire. J’avais la chance de travailler dans un domaine qui me plaisait.

Mon activité sur les réseaux sociaux me permettait déjà de combiner deux univers que j’appréciais particulièrement : la pâtisserie, mais aussi la communication et le marketing.

Sur le papier, tout allait bien.

Pourtant, au fond de moi, une question revenait sans cesse :

Et si je tentais réellement l’aventure ?

Quitter le salariat pour me lancer dans un projet aussi incertain était une décision difficile.

Beaucoup de personnes n’auraient probablement pas pris ce risque.

Pourtant, je me suis dit une chose très simple : Nous n’avons qu’une seule vie. Alors pourquoi ne pas essayer ?

J’ai finalement pris la décision de demander un licenciement à l’amiable afin de pouvoir me consacrer pleinement à ce projet qui prenait de plus en plus de place dans ma vie.

À cette époque, je ne savais absolument pas où cette décision allait me mener.

Je savais seulement que j’avais envie d’essayer.

C’est à ce moment-là que je me suis rendue au Salon de l’Entrepreneuriat à Metz.

À l’origine, je souhaitais simplement me renseigner sur les démarches à suivre pour créer une micro-entreprise.

Je pensais repartir avec quelques informations pratiques.

Mais cette journée a complètement changé la suite de mon parcours.

Avec mon père, nous avons découvert un dispositif dont j’ignorais totalement l’existence : les couveuses d’entreprises.

Le principe était simple mais particulièrement rassurant pour quelqu’un qui se lançait pour la première fois.

Une couveuse permet de tester son activité tout en étant accompagné, conseillé et encadré.

Pour moi, c’était exactement ce dont j’avais besoin.

Quelques semaines plus tard, après étude de mon projet et présentation à une commission, j’intégrais donc une couveuse d’entreprise pour une durée de trois ans.

Sans le savoir, je venais de poser les premières fondations de Pâtisserie de Fanny.

Ces trois années ont été extrêmement formatrices.

J’ai appris à gérer une activité.

À comprendre mes coûts. À développer une clientèle. À vendre. À communiquer. À structurer progressivement mon projet.

Mais cette période a aussi été marquée par de nombreuses contraintes.

L’une des particularités du système de couveuse est que les revenus générés par l’activité sont placés sur un compte sécurisé auquel l’entrepreneur n’a pas directement accès pendant toute la durée du contrat.

Concrètement, même si mon entreprise réalisait des ventes, je ne pouvais pas utiliser librement cet argent au quotidien.

Mon seul revenu personnel provenait des allocations versées par Pôle emploi.

Avec ces ressources, je devais gérer mes dépenses personnelles, mais aussi continuer à investir dans le développement de mon activité.

Les débuts n’ont donc pas toujours été simples financièrement.

Chaque dépense était réfléchie. Chaque investissement était calculé.

Mais malgré ces contraintes, je n’ai jamais cessé d’avancer.

Au contraire.

Cette période m’a appris à construire progressivement, à être patiente et à développer mon activité étape par étape.

Au fil du temps, le travail a commencé à porter ses fruits.

L’activité prenait de l’ampleur. La communauté grandissait. Les commandes devenaient plus nombreuses.

Et certaines opportunités commençaient à apparaître.

Les médias locaux se sont intéressés à mon parcours.

Le Républicain Lorrain a consacré un article à mon aventure. J’ai également eu la chance d’être invitée sur Chérie FM pour parler de mon activité.

Pour la première fois, je réalisais que ce projet qui était né dans ma cuisine commençait à trouver sa place.

Je ne savais toujours pas exactement où j’allais.

Mais une chose était certaine : J’étais sur le bon chemin.

Puis, au milieu de cette aventure entrepreneuriale, un événement important est venu bouleverser le rythme du projet.

Je suis tombée enceinte

Et cette nouvelle allait, elle aussi, changer la suite de l’histoire