Pourquoi j’ai quitté le salariat pour entreprendre ? 

Pendant longtemps, j’ai pensé que mon avenir se construirait dans le salariat.

Comme beaucoup de personnes, j’ai suivi un parcours classique : des études, des expériences professionnelles, des objectifs à atteindre et cette idée que la stabilité représentait la voie la plus raisonnable.

Pourtant, au fil des années, quelque chose ne trouvait plus sa place. J’avais l’impression de devoir constamment m’adapter à un environnement qui ne me ressemblait pas.

Mon hypersensibilité, ma façon de voir les choses, mon besoin de sens et de liberté étaient souvent perçus comme des faiblesses alors qu’ils faisaient simplement partie de moi. Plus le temps passait, plus je ressentais un décalage entre la personne que j’étais et la vie professionnelle que je menais.

Je ne rêvais pas forcément de devenir cheffe d’entreprise. Je rêvais surtout de construire une vie alignée avec mes valeurs.

Depuis l’enfance, j’ai souvent eu le sentiment d’être différente.

À l’école, dans le sport, puis dans le monde professionnel, j’ai été confrontée à des moqueries, des jugements et des comportements qui ont profondément marqué mon parcours.

Pendant longtemps, j’ai cherché à comprendre pourquoi certaines situations semblaient se répéter.

Pourquoi il était parfois si difficile d’être simplement soi-même ? 

Avec le recul, je comprends aujourd’hui que certaines de mes qualités pouvaient déranger : mon enthousiasme, ma créativité, mon énergie, ma capacité à toujours voir plus loin ou à imaginer de nouveaux projets.

Mais à l’époque, je n’avais pas encore appris à considérer ces différences comme des forces.

J’ai longtemps essayé de m’adapter. De rentrer dans le moule. De faire comme tout le monde.

Jusqu’au jour où j’ai compris que je passais plus de temps à essayer de correspondre aux attentes des autres qu’à écouter mes propres aspirations.

Puis est arrivée cette période particulière du Covid.

Comme beaucoup, j’ai eu davantage de temps pour réfléchir, créer et me reconnecter à ce qui me faisait réellement vibrer.

C’est à ce moment-là que la pâtisserie a pris une place différente dans ma vie.

Au départ, il ne s’agissait que de partager quelques créations sur les réseaux sociaux.

Sans stratégie. Sans business plan. Sans imaginer une seule seconde que cela deviendrait un jour mon métier.

Puis les premières commandes sont arrivées.

Les premiers retours. Les premiers encouragements.

Et surtout cette sensation nouvelle : celle d’être exactement à ma place.

Quitter le salariat n’a pas été une fuite. Ce n’était pas un rejet du monde de l’entreprise. C’était simplement le choix de construire un projet qui me ressemblait davantage.

Un projet dans lequel ma sensibilité deviendrait une force.

Un projet dans lequel mes idées pourraient exister librement.

Un projet dans lequel je pourrais créer, innover et avancer à mon rythme.

Je me suis alors fait une promesse.

Celle de tout donner pour réussir.

Parce que je savais au fond de moi que je ne voulais plus vivre dans un environnement qui m’obligeait à devenir quelqu’un que je n’étais pas.

Je voulais construire ma propre voie.

Aujourd’hui, entreprendre reste un défi quotidien.

Mais je n’ai jamais regretté cette décision.

Parce qu’au-delà des résultats, des projets ou du développement de l’entreprise, elle m’a permis de retrouver quelque chose d’essentiel : La liberté d’être pleinement moi-même.

Et parfois, les plus belles aventures commencent précisément le jour où l’on décide enfin d’assumer qui l’on est.