Devenir maman sans mettre ses rêves de côté 

Au milieu de cette aventure entrepreneuriale, un autre projet est venu bouleverser ma vie.

Un projet que, pendant longtemps, je n’avais même pas imaginé possible.

Je suis tombée enceinte

Et cette belle nouvelle était l’une des plus grands défis que j’ai eu à relever.

Pendant des années, j’avais toujours affirmé que je n’aurais probablement jamais d’enfant.

Non pas parce que je n’en avais pas envie.

Mais parce que l’agoraphobie avait profondément marqué ma façon d’envisager certaines étapes de la vie.

Dans mon esprit, la grossesse et l’accouchement représentaient une peur immense. La douleur était associé à la mort.

Une peur que je traînais depuis des années.

Puis un jour, quelque chose a changé.

J’ai ressenti ce désir de devenir maman.

Et j’ai compris que je ne voulais plus laisser mes peurs décider à ma place.

Je savais que ce serait un défi.

Je savais que certains moments seraient difficiles. Mais je savais aussi que je ne voulais pas passer à côté de cette expérience.

Alors j’ai avancé.

Comme je l’avais fait pour tant d’autres choses auparavant.

Pendant que mon entreprise grandissait, une nouvelle aventure commençait en parallèle.

Une aventure encore plus importante.

Celle de devenir maman.

Bien sûr, cette période a également eu des conséquences sur l’activité.

À mesure que la grossesse avançait, il devenait de plus en plus compliqué de maintenir le même rythme.

Porter des sacs de farine de 25 kilos. Enchaîner les journées de production. Participer aux événements. Continuer à tout gérer.

Certaines choses devenaient simplement impossibles.

J’ai donc dû ralentir.

Et pour une entrepreneure, ralentir n’est jamais une décision facile.

Parce qu’une entreprise artisanale repose énormément sur la régularité.

Lorsque l’on s’arrête plusieurs mois, on sait que certains clients continueront leur chemin. Leurs événements ne s’arrêtent pas. Leurs besoins non plus.

Et c’est normal.

Pourtant, malgré cette pause imposée, je n’ai jamais considéré cette période comme un recul.

Parce que pendant que l’entreprise attendait patiemment son heure, je construisais quelque chose d’encore plus précieux.

Aujourd’hui, avec le recul, je réalise que cette grossesse m’a appris autant que l’entrepreneuriat.

Elle m’a appris à faire confiance au temps. À accepter que l’on ne puisse pas tout contrôler. À comprendre qu’il existe des moments où il faut simplement accueillir ce que la vie nous offre. Et finalement, cette année-là, je n’ai pas construit un seul projet.

J’en ai construit deux.

L’un portait le nom de Pâtisserie de Fanny.

L’autre portait le prénom d’Arya et allait changer ma vie pour toujours.